Prix Goncourt 2013, Au revoir là-haut, Pierre Lemaitre, Albin Michel. Un bon divertissement, bien joué, mais sans grande originalité. Pour exercer vos droits, consultez notre Politique de données personnelles. Le lieutenant Pradelle, monté sur un petit avant-poste, scrutait les lignes ennemies à la jumelle. La terre est épaisse sous les godillots parce qu'il a beaucoup plu ces jours-ci. Or, il y a eu pas mal d'obstacles; en courant, il a dû dériver sur la droite. Le livre. Avant la guerre, il était caissier dans une filiale de la Banque de l'Union parisienne. Le meilleur film de Dupontel, c'est pas impossible. La meilleure adaptation, ça j'en sais rien. La reconstitution du Paris des années 20, que ce soit le Paris populaire ou le Paris bourgeois, les costumes (et les masques magnifiques d’Edouard), les décors, l’ambiance aussi, tout est fignolé, réfléchis, sublimé. LE COMMENTAIRE. J'ai lu un Goncourt long et j'ai aimé ça.Non, mieux, j'ai adoré ! Le manque d'entrain de la troupe l'embêtait beaucoup. » Dramatique. sur Comme elle avait une conception assez classique de la guerre, elle avait été rapidement convaincue qu'Albert, "avec son intelligence", ne tarderait pas à briller, à monter en grade, elle le voyait partir à l'assaut, en première ligne. C'est une lecture coup de poing, qui m'a marquée profondément aussi bien par son style racé, limpide et travaillé, que par son propos bouleversant mais passionnant, parfaitement scénarisé.. On allait leur régler leur compte, à ces cons-là. Rien que Cécile... Enfin, même sans parler de Cécile, Albert ne pouvait pas le blairer, le lieutenant Pradelle. Ce goût exacerbé pour l'autorité lui venait de son père, adjoint au sous-chef de bureau au ministère des Postes, qui concevait la hiérarchie de son administration comme une métaphore de l'univers. Henri Pradelle est un personnage de salaud magnifique qui porte deux casquettes : celle du gradé qui se nourrit de chair à canon et celle du profiteur de guerre qui s’enrichit sur les cadavres de ses compatriotes. Le film dure presque 2 heures sans aucune baisse de rythme, on entre dans l’intrigue en une minute et jamais on ne décroche : pas une scène de trop, pas une scène trop longue, tout est très équilibré. Parfois, il faut aller droit au but, et bien c’est que je vais faire, aller tout droit au but : « Au Revoir Là-Haut » est à ce jour le meilleur film de 2017, probablement le meilleur film d’Albert Dupontel et peut-être même la plus belle adaptation d’un roman par le cinéma français depuis « Un Long Dimanche de Fiançailles ». En tout cas, quitter son emploi de comptable, faire autre chose. Il voulait partir, il avait des envies de Tonkin, assez vagues, il est vrai. À ses côtés, des types hurlent comme des fous, pour s'enivrer, pour se donner du courage. Le constat est plutôt amer : d'un côté les blessures irréparables, tant physiques que psychologiques des soldats qui ont traversé le feu et de l'autre, la récupération politique et mercantile du souvenir des. À bien y regarder, le cinéma d’Albert Dupontel n’aura jamais été qu’une question de métamorphoses, qu’une suite en apparence chaotiques de récits dont les héros, de gré ou de force, par volonté, amour, nécessité, revêtent les oripeaux d’un autre, qui les révèlent. L’histoire prend racine vers la fin de la guerre 14-18 et se concentre ensuite sur l’après-guerre. Cette ligne de démarcation correspondait exactement à celle qui séparait les officiers de tous les autres hommes. Olivier Dussopt : "Les discours sur l'annulation de la... Stephanie Kelton, la nouvelle magicienne de l'économie. Dupontel fou, je ne conteste pas non plus,. Visiblement, la perspective d'un armistice lui mettait le moral à zéro, le coupait dans son élan patriotique. C'est à cette catégorie qu'appartenait le lieutenant d'Aulnay-Pradelle. Ce n'était pas un esprit fin, Grisonnier. D'autres, au contraire, avancent comme lui, concentrés, le ventre noué, la gorge sèche. On lut même des discours, c'était à peine croyable, sur la nécessité de démobiliser les soldats les plus vieux qui se traînaient sur le front depuis des années. Quand l'armistice devint enfin une perspective raisonnable, l'espoir d'en sortir vivant commença à tarauder les plus pessimistes. En novembre 1920, Albert Maillard est interrogé par un officier de la Gendarmerie française, au Maroc. Il y avait certainement des femmes à qui ça faisait de l'effet, tous ces poils, ce côté mâle, farouche, viril, vaguement espagnol. Mais à la fin de son livre, Pierre Lemaitre nous informe que l’arnaque aux monuments aux morts vient de son imagination alors que le fait que certains corps ne soient pas les bons ou totalement inexistants dans les cercueils voire « cassés » pour rentrer dans une boîte, est un élément qu’il n’a pas inventé. Les Boches sont bien toujours pareils, quelle sale engeance! Le dernier film d'Albert Dupontel "Au revoir là-haut" sort dans les salles ce mercredi 25 octobre. Ça ne changeait rien, mais dans l'esprit de tous, les Boches ne s'étaient pas contentés de tuer deux soldats français, avec eux, ils avaient abattu deux emblèmes. Au début, il a suivi la ligne fixée par le lieutenant, mais avec les balles sifflantes, les obus, on zigzague, forcément. À travers son témoignage, il raconte la fin de sa participation à la Première Guerre mondiale, sa rencontre avec Édouard Péricourt, fils de bonne famille parisienne défiguré lors du conflit. Parce qu'il aimait charger. Le travail ne lui plaisait pas beaucoup, il y était resté à cause de sa mère. Mais je sais une chose, c'est que le film m'a paru assez mauvais, tombant au bon moment, en pleine actualité de la "mémoire nationale", des commémorations et autre centenaire. Côté français, il ne fallut pas longtemps pour rassembler tout le monde. Bref, une vraie fureur. Ensemble, ils montent une opération d'escroquerie. Albert ne l'aimait pas. Albert était en troisième position, derrière Berry et le jeune Péricourt qui se retourna, comme pour vérifier que tout le monde était bien là. D'autant que Péricourt qui avançait juste devant lui vient de se faire faucher par une balle et s'est écroulé quasiment dans ses pattes, Albert n'a eu que le temps de sauter par-dessus. Enfin, la suite d’« Au revoir là-haut » que l’on attendait depuis quatre ans. Ils ont miraculeusement survécu au carnage de la Grande Guerre, aux horreurs des tranchées. Elle avait des photos de Clemenceau, de Maurras, de Poincaré, de Jaurès, de Joffre, de Briand... Depuis qu'elle avait perdu son mari qui commandait une escouade de surveillants en uniforme au musée du Louvre, les grands hommes lui procuraient des sensations inouïes. Laurent Laffite lui donne corps et il est parfait dans le rôle du type ignoble. À la veille des commémorations du centenaire de la Grande Guerre, voilà une fiction époustouflante qui ne passera pas inaperçue. Un gars du genre impatient, qui n'avait pas de vitesse de croisière: il accélérait ou il freinait; entre les deux, rien. Un sale type, ce Pradelle, comme tous l'appellent au mépris de sa particule, aristocrate désargenté, cynique, portant beau certes, mais moins soucieux de la survie de ses hommes que de redorer son blason. J’ai aimé la période choisie. Il ne leur prêta pas plus de crédit qu'à la propagande du début qui soutenait, par exemple, que les balles boches étaient tellement molles qu'elles s'écrasaient comme des poires blettes sur les uniformes, faisant hurler de rire les régiments français. Les personnages sont toujours bien campés, toujours originaux, toujours face à une situation insurmontable. Tout le monde, en parlant de lui, laissait tomber le prénom, la particule, le "Aulnay", le tiret et disait simplement "Pradelle", on savait que ça le foutait en pétard. A l’image du roman, on passe du rire aux larmes et un clin d’œil, on s’attache aux personnages, si hauts en couleurs, et pas seulement aux deux protagonistes principaux. Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous : Le coin des livres : L'Amie Prodigieuse - L'Enfant Perdue, Le coin des livres : Ce que tu as fait de moi, Le coin des livres : La Disparition d'Annie Thorne, le coin des livres : Le Miroir de Cassandre. Mme Maillard n'avait qu'un fils et elle adorait les chefs. C'est l'adaptation d'un gros roman à succès. Albert, lui, avait un petit doute, mais Cécile était un peu comme Mme Maillard finalement, elle avait des idées assez fixes. Ce 2 novembre 1918, à quelques jours de l'armistice, deux jeunes soldats, Albert Maillard et Édouard Péricourt, réchappent miraculeusement de la "soudaine attaque de la cote 113". Confinement : comment prendre soin de soi ? Également scénariste pour la télévision, cet admirateur d'Alexandre Dumas est traduit dans une quinzaine de langues et plusieurs de ses romans sont en cours d'adaptation cinématographique. A l'écouter, la guerre ne ferait pas long feu. Des barbares, etc. Il enjambe le cadavre et fait quelques pas, toujours baissé, on ne sait pas pourquoi, les balles vous attrapent aussi bien debout que courbé, mais c'est un réflexe d'offrir le moins de prise possible, comme si on faisait tout le temps la guerre dans la crainte du ciel. À se demander si ce n'était pas pour ça qu'Albert s'était engagé dès le début de la guerre. Quelques minutes plus tard, légèrement voûté, Albert court dans un décor de fin du monde, noyé sous les obus et les balles sifflantes, en serrant son arme de toutes ses forces, le pas lourd, la tête rentrée dans les épaules. Albert reprit sa position dans la file. Salauds. Synopsis : Novembre 1919. La France des années 20, c’est aussi deux choses que le film souligne parfaitement : La France honore ses morts et abandonne ceux qui ont eu le malheur de survivre, et s’ils ont été blessés c’est encore pire. En effet trop peu de raison là-dedans, si ce n'est pour livrer une adaptation plutôt consensuelle, sans risque véritable (sauf peut-être de priver un des meilleurs acteurs du casting de sa capacité à jouer -je fais allusion aux masques). Livres, musique, cinéma... le meilleur de L'Express Culture sélectionné par la rédaction. Ca fait beaucoup pour un seul personnage mais il cristallise tout ce que la guerre peut produire d’ignoble et on adore le haïr. Son étude peut tout à fait être au coeur d'un projet pédagogique spécifique à une classe, tout en donnant lieu à des réalisations multiples et variées, comme le suggèrent les fiches analytiques disponibles ci-dessous. Un moment à oublier : la fin ridicule d'Édouard. Dans les minutes qui suivirent, avec une promptitude dont on les savait à peine capables, depuis l'arrière, les artilleurs balancèrent des giclées de 75 sur les lignes allemandes, à se demander comment ils avaient été informés. C'est également une magnifique bataille retranscrite dans les premières pages. C'était un garçon mince, de tempérament légèrement lymphatique, discret. La guerre terminée, Albert, qui se sent évidemment redevable, va prendre soin d’Edouard. Le premier doit la vie au second, qui pourtant s'en sortira plus mal, une jambe estropiée, le visage arraché par un obus, véritable gueule cassée. Sauf qu'au moment où ils avançaient, courbés le plus bas possible, les deux observateurs se firent tirer comme des lapins. En temps de paix, il devait sûrement se raser plusieurs fois par jour pour ne pas avoir l'air louche. Abonnez-vous pour être averti des nouveaux articles publiés. Aussi, en octobre, Albert reçut-il avec pas mal de scepticisme les rumeurs annonçant un armistice. Vu le statu quo des derniers jours, même s'ils les apercevaient, les Boches les laisseraient regarder et s'en retourner, ça serait comme une sorte de distraction. Des poils noirs, partout, jusque sur les phalanges, avec des touffes qui sortaient du col juste en dessous de la pomme d'Adam. Mais c’est une mention spéciale que je veux faire à Nahuel Perez Biscayart. Si on ne connait pas le roman, on se laisse porter par cette histoire de deux soldats abimés (l’un est une gueule cassée, le second est traumatisé) et plus ou moins abandonnés par leur pays et qui décident qu’après tout, il n’est pas si immoral que cela que de se « rembourser sur la bête ». On jouait sur du velours parce qu'il mettait un point d'honneur à ne jamais le montrer. Le premier a été rond-de-cuir dans une banque, le second est un fils de bonne famille, richissime, dessinateur extrêmement doué mais voué aux gémonies pour ses croquis licencieux. Ils en ont subi tant et tant que voir cette guerre se terminer comme ça, avec autant de copains morts et autant d'ennemis vivants, on a presque envie d'un massacre, d'en finir une fois pour toutes. Bref, j'ai trouvé ce livre enrichissant, il nous permet d'avoir une autre vision de la guerre. Des milliers de livres avec la livraison chez vous en 1 jour ou en magasin avec -5% de réduction ou téléchargez la version eBook. C'était... Alors, du coup, elle pouvait soutenir que la guerre, on n'en ferait qu'une bouchée, Albert avait tellement rêvé d'être une bouchée pour Cécile... Aujourd'hui, évidemment, il jugeait les choses assez différemment.