Périclès mérite donc toute notre admiration, non seulement par la douceur et la modération qu’il conserva toujours dans une multitude d’affaires si importantes et au milieu de tant d’inimitiés, mais plus encore par cette élévation de sentiments qui lui faisait regarder comme la plus belle de ses actions de n’avoir jamais, avec une puissance si absolue, rien donné à l’envie ni au ressentiment, et de n’avoir été pour personne un implacable ennemi. Θεωρικὰ : argent que l’on donnait aux pauvres, depuis Périclès, pour payer leur place au théâtre. et n’a-t-on pas droit de blâmer ceux qui, abusant de ce désir inné, au lieu de le diriger vers des études honnêtes et utiles, ne l’appliquent qu’à voir et à entendre des choses qui ne méritent aucune attention ? ἀφεστώς : participe parfait de ἀφίστημι : s’éloigner de, se retirer, faire sécession, se révolter. τοῖς περὶ τὴν δίαιταν = expression substantivée. Il donna pour prétexte leur refus d’obéir à l’ordre qui leur avait été signifié de pacifier leurs différents avec les Milésiens. Tous ceux qui étaient présents à cette démonstration en admirèrent la justesse ; mais, peu de temps après, l’exil de Thucydide ayant fait passer entre les mains de Périclès toutes les affaires de la république, on n’admira pas moins la sagacité de Lampon. On se souvient que c’était la Salaminienne qui avait été chargée de ramener Alcibiade de Sicile… (Thucydide, VI). Pisistrate instaura, de 546 à 527, un régime « tyrannique » – au sens où son pouvoir, illimité, n’était pas légitimé par une succession monarchique, mais dont le caractère démocratique est évident : il travailla au bien-être du peuple, notamment en limitant le pouvoir de l’aristocratie, développa le commerce et l’industrie, protégea les lettres, et fit construire le temple de Zeus Olympien et l’Hekatompédon. Théophraste, dans cette partie de ses morales où il recherche si les moeurs changent avec la fortune, en sorte qu’altérées par les affections du corps elles abandonnent la vertu, raconte que Périclès, visité dans sa maladie par un de ses amis, lui montra une amulette que des femmes lui avaient suspendue au cou : il donnait à entendre qu’il devait être bien malade, puisqu’il se prêtait à de pareilles faiblesses[122]. Aspasie (vers 469 - vers 400 av. Périclès employait les siennes à secourir les citoyens pauvres, et Anaxagore lui-même en éprouva les effets. Le dème (δῆμος) est une circonscription territoriale, créée par Clisthène en 508 ; il en existe une centaine ; l’assemblée du dème élit un démarque qui dresse le cadastre, administre les biens du dème, dirige la police municipale et dispose de quelques pouvoirs de justice. Les commerçants maritimes, les matelots et les piloles, conduisent par mer une immense quantité de matériaux ; les voituriers, les charretiers, en amènent par terre ; les charrons[41], les cordiers, les tireurs de pierre, les bourreliers, les paveurs, les mineurs, exercent à l’envi leur industrie. Ion écrit que la défaite des Samiens enfla tellement le coeur de Périclès, qu’il disait avec complaisance qu’Agamemnon avait mis dix ans entiers à prendre une ville barbare, et que lui il avait conquis en neuf mois la ville la plus riche et la plus puissante de toute l’ionie. Persuadé que c’était beaucoup pour lui que de contenir les Lacédémoniens, dont il était toujours l’ennemi, il le fit voir en plusieurs occasions, et surtout dans la guerre sacrée[65]. Pyrilampe est l’ami intime de Périclès : il élève des oiseaux, il nourrit des paons ; et c’est pour en faire de petits présents aux femmes dont Périclès obtient les faveurs. XXII. Mais on ne put prouver le larcin dont on accusait Phidias. Table des matières. Souvent, au contraire, nous prenons plaisir à l’ouvrage, et nous prisons peu l’ouvrier : par exemple, nous aimons les parfums et les teintures de pourpre, mais nous regardons les parfumeurs et les teinturiers comme des gens d’un état bas et servile. Commencez à lire La vie de Périclès: Traduit par D. Ricard, 1830 sur votre Kindle en moins d'une minute. Thucydide d’Alopèce = le fils de Mélésias dont il a été question plus haut. προσποιέω-ῶ : attirer à soi, se concilier, gagner, τὸ γύναιον : petite femme, faible femme (nuance de mépris), ὁμιλέω-ῶ : fréquenter, se livrer d’ordinaire à une occupation, ἡ πόρνη, ης : femme de mauvaise vie, prostituée (du verbe πέρνημι, « vendre », parce qu’à l’origine les prostituées étaient des esclaves). Plutarque entreprit, selon son témoignage, la rédaction des biographies de quelques hommes célèbres à l'instigation de ses amis. τὸ λῆμμα : ce que l’on reçoit : profit, gain, salaire, κληρωτός,ή, όν : désigné ou conféré par le sort, τὸ λάφυρον, ου : dépouille, butin, trophée, ὁ ἐξοστρακισμός, οῦ : bannissement par ostracisme, ὁὡρισμένος, η, ον : participe parfait de ὀρίζω : déterminé, borné. Mais comment s’étonner de ces injures proférées par des hommes dont le métier est de médire, qui chaque jour sacrifient à l’envieuse malignité de la multitude, comme à un génie malfaisant, la réputation des hommes les plus honnêtes, en les noircissant par leurs calomnies ? Elle disposait d’une puissance navale qui faisait de l’ombre à Athènes ; soumise en 456, elle vit ses habitants chassés et remplacés par des clérouques en 431. ἄλλοι δὲ πολλοὶ φασὶ : il s’agit, entre autres, de Platon, dont on connaît la haine envers la démocratie. Il portait encore qu’Anthémocritos serait enterré près des portes Thrasiennes, qu’on appelle aujourd’hui le Dipyle[94]. Périclès, qui s’y opposa de toutes ses forces, et qui excita le peuple à persévérer dans sa haine contre Mégare, fut regardé comme le seul auteur de cette guerre. Mais après la mort d’Aristide et le bannissement de Thémistocle, Périclès, voyant Cimon toujours retenu hors de la Grèce par des expéditions militaires, se déclara pour le parti du peuple, et préféra au petit nombre de riches la multitude des citoyens pauvres. » Alors Anaxagore se découvrant la tête : « Périclès, lui dit-il, ceux qui sont besoin d’une lampe ont soin d’y verser de l’huile. Cette tête a été attestée au Louvre en 1815 sous l’appellation de Vesta. Sophocle, son collègue dans le commandement de l’armée, en s’embarquant avec lui, louait beaucoup la beauté d’un jeune Athénien : « Sophocle, lui dit Périclès, un général doit avoir les yeux aussi purs que les mains. Plutarque, originaire de Grèce et citoyen romain, … Il mit seulement le siège devant la ville sacrée d’Epidaure[113], qu’il espérait prendre en peu de temps ; mais il en fut empêché par la maladie qui attaqua non seulement ceux qui faisaient le siège, mais encore tous ceux qui approchaient du camp. Il fut ostracisé en 471, puis accusé de « médisme » par les Spartiates ; il dut s’enfuir à la cour d’Artaxerxès, et mourut en 459. Platon, dans son Menexène, quoique le commencement de ce dialogue soit écrit sur un ton de plaisanterie[74], avance comme un fait positif que plusieurs Athéniens allaient chez elle pour y prendre des leçons de rhétorique. Le statut de l’artiste à Athènes et à Rome ! XV. ποικιλτής : ouvrier brodeur (ou ciseleur ? Périclès, qui voulait encore inspirer à ses concitoyens plus d’élévation, plus d’ardeur pour les grandes entreprises, décida d’inviter par un décret tous les peuples grecs, dans quelque partie de l’Europe ou de l’Asie qu’ils fussent établis, toutes les villes, grandes et petites, à envoyer des députés à Athènes, pour y délibérer sur la reconstruction des temples brulés par les Barbares, sur les sacrifices qu’on avait voués aux dieux pour le salut de la Grèce pendant les guerres des Perses, enfin sur les moyens de rendre la navigation sûre et d’établir la paix entre tous les Grecs[55]. ἀντιτασσόμενος : opposer une personne, une chose à une autre, οἰκουρέω-ῶ : veiller sur la maison, rester chez soi, demeurer, συμπλέκομαι : s’attaquer à, en venir aux mains, ἐνδιεσπάρθαι < ἐνδιασπείρω (infinitif aoriste passif) : disperser, répandre dans, ἠμαυρωμένος < ἀμαυρόω-ῶ (participe parfait passif) : faire disparaître, anéantir, ῥοπή, ῆς : inclinaison d’une balance, poids. La prime offerte est donc de 10 millions d’euros…. Ce n’étaient chaque jour que spectacles, que fêtes et banquets, qu’il imaginait pour entretenir dans la ville des plaisirs et des amusements du meilleur goût. Quelque temps après[89], pressentant l’éruption prochaine de la guerre du Péloponnèse, il persuada le peuple d’envoyer du secours aux habitants de Corcyre, que les Corinthiens avaient attaqués, et de mettre dans leurs intérêts une île dont les forces maritimes leur seraient si utiles dans l’invasion qui les menaçait du côté du Péloponnèse[90]. Périclès, qui n’avait que quarante-quatre vaisseaux, remporta la victoire et défit entièrement soixante-dix vaisseaux ennemis, dont vingt étaient des vaisseaux de guerre[78]. » En effet, la promptitude et la facilité dans l’exécution ne donnent ni beauté parfaite ni solidité durable. La samine est un vaisseau samien que sa proue basse et ses flancs larges et creux rendent propre pour la haute mer, et fort léger à la course. : jeu d’enfant, plaisanterie, Τῶν καλῶν καὶ ἀγαθῶν ἀνδρῶν : cette manière qu’a le parti aristocratique de se désigner évoque évidemment les « Optimates » : parti oligarchique de Rome…. Mais ce dernier faisait chaque jour de très grandes dépenses pour secourir les pauvres, nourrir les citoyens indigents, et habiller les vieillards ; il avait fait arracher les haies de ses héritages, afin que les Athéniens eussent la liberté d’en aller cueillir les fruits. A peine il fut parti, que les Samiens, dont Pissouthnès avait enlevé furtivement les otages, se révoltèrent, et firent tous leurs préparatifs de guerre. Tolmidas, fils de Tolméus, enflé de ses succès[57] et de la gloire qu’ils lui avaient acquise, voulait hors de propos entrer en armes dans la Béotie. Zénon d’Elée : philosophe qui enchaînait les paradoxes, notamment sur le temps et l’espace. Il fut également inflexible soit aux vives instances de ses amis, soit aux clameurs et aux menaces de ses ennemis, soit enfin aux chansons satiriques dont on l’accablait, et dans lesquelles on le décriait, on blâmait sa conduite, on le traitait d’homme lâche qui abandonnait tout aux ennemis. Aussi ce qui rend plus admirables les édifices de Périclès, c’est qu’achevés en si peu de temps, ils aient eu une si longue durée. Tant qu’il vécut, il s’opposa à l’agrandissement des fils de Cimon, sous prétexte qu’ils n’étaient pas de vrais Athéniens, mais des étrangers issus d’une race mêlée ; leurs noms même le prouvaient. (Revoir les conditionnelles. Cette Thargélia, qui joignait à beaucoup de grâce et de beauté un esprit vif et agréable, fut liée avec tout ce qu’il y avait de plus grand et de plus puissant parmi les Grecs ; elle gagnait au roi de Perse tous ceux qui l’approchaient, et elle avait répandu dans toutes les villes de la Grèce des semences de la faction médique. Il fit voir par là que l’éloquence est, comme dit Platon[51], l’art de conduire les esprits ; que sa principale fonction consiste à manier à propos les passions et les penchants des hommes, comme autant de cordes qui demandent à être touchées par une main habile. I. César, voyant un jour, à Rome, de riches étrangers qui portaient entre leurs bras de petits chiens et de petits singes auxquels ils prodiguaient les caresses, leur demanda si chez eux les femmes ne font point denfants. Tous deux ils ont rendu à leur patrie les services les plus importants. Avant lui, la division qui existait entre les deux partis, semblable à ces pailles qui se trouvent dans le fer, marquait simplement la différence entre la faction populaire et celle des nobles ; mais l’ambition et la rivalité de ces deux personnages, faisant, pour ainsi dire, dans le corps politique, une incision profonde, le séparèrent en deux parties bien distinctes, dont l’une fut appelée le peuple, et l’autre la noblesse. Le nombre de 1500 juges évoque le tribunal de l’Héliée, et ramène l’affaire à des proportions normales. Il n’employa la plus grande partie de leurs forces qu’à conserver ce qu’ils possédaient. Celle à qui la fève blanche était échue faisait bonne chère et se divertissait, pendant que les autres étaient occupées du blocus. Sur Anaxagore :voir plus haut, § 4, et cours sur Anaxagore. VII. Andocide : « dénoncer »), ἀποστατέω-ῶ : se tenir à distance, abandonner. Ils montrèrent leur grandeur d’âme à l’égard des richesses, l’un en ne prenant rien de la part de ceux qui donnaient, l’autre en concédant beaucoup à ceux qui en avaient besoin, ayant délivré de son propre argent les prisonniers de guerre – au reste, la somme n’en était pas grande, mais seulement de six talents (36 000 drachmes, soit tout de même 1 800 000 € !). Platon : il ne s’agit pas du philosophe, mais de Platon le comique, contemporain d’Aristophane. Ces formes s’expliquent par une métathèse de quantité : ναός > νηός > νεώς. Il y a sûrement une confusion entre l’Artémon « périphorète » d’Anacréon (VIème siècle), et l’ingénieur contemporain de Périclès et inventeur de machines de siège. Outrés de cet affront, quelques Mégariens. Grec d'origine, il est considéré comme un médio-platoniste2,3, il s'opposa dans certaines de ses Œuvres morales ou Moralia aux courants stoïcien4,5 et épicurien6. Ce qu’il y a de vrai, c’est qu’Éphialtès, qui s’était rendu redoutable aux partisans de l’oligarchie par son inflexibilité à poursuivre ceux qui commettaient la moindre injustice contre le peuple, fut, à ce que dit Aristote, assassiné par Aristodicus de Tanagre, que ses ennemis avaient suborné. Archidamos, roi de Sparte, lui demandait un jour lequel des deux luttait le mieux, de lui ou de Périclès : « Quand je lutte contre lui, répondit Thucydide, et que je l’ai jeté par terre, il soutient qu’il n’est pas renversé, et il finit par le persuader aux spectateurs. Il est rappelé à la suite de défaites athéniennes et dirige la politique extérieure d’Athènes, laissant le champ libre aux démocrates à l’intérieur. Ils furent les seuls qu’il traita avec cette rigueur, parce qu’ayant pris un vaisseau athénien, ils en avaient massacré tout l’équipage. En effet, les Romains n’auraient pas subi de tels malheurs, si Fabius avait eu auprès d’eux autant de pouvoir que Périclès à Athènes. Périclès refusa tout ; il traita les Samiens comme il l’avait d’abord résolu ; et, après leur avoir donné un gouvernement populaire, il s’en retourna. Tant il est difficile à l’histoire de découvrir la vérité ! Ce fut Cléon qui, selon Idoménée, intenta l’accusation ; Théophraste l’attribue à Siminias ; et Héraclide de Pont, à Lacratidas. N’a-t-on pas vu Stésimbrote de Thrace lui-même oser imputer à Périclès un crime horrible, l’accuser d’un commerce criminel avec la femme de son propre fils ? Sa tête monstrueuse, en ébranlant les airs. Citation de Thucydide, 2, 65, 9 (voir texte). Cependant il vint d’Athènes une nouvelle flotte qui resserra les Samiens de tous les côtés[79]. Ἀντισθένης : disciple de Socrate, et fondateur de l’école cynique ; Isménias était un célèbre joueur de flûte thébain. Périclès serait-il un « agélaste », dont plus tard Rabelais se moquera si fort ? Périclès en fit raser les murailles ; il ôta aux Samiens leurs vaisseaux, exigea d’eux de très grosses sommes, dont ils payèrent comptant une partie, prirent des termes pour le reste, et donnèrent des otages pour la sûreté du paiement. La flotte envoyée dans le Péloponnèse avait ravagé une grande étendue de pays, et ruiné beaucoup de bourgs et de petites villes ; Périclès lui-même, étant entré par terre dans le pays des Mégariens, y mit tout à feu et à sang[108]. La vie de Pércilès de Plutarque, traduit par D. Ricard en 1830. Cette disgrâce ne fut pas de longue durée ; le peuple laissa toute sa colère dans la plaie, comme l’abeille y laisse son aiguillon. Périclès, sans perdre un instant, marcha contre eux à la tête d’une armée. ἐπήρμενος, η, ον : participe parfait passif d’ ἐπαίρω : lever, ἀτέλεια, ας : exemption d’impôts ou de charges, εἰσαγγελία, ας : accusation publique contre un fonctionnaire, un magistrat… (cf. Cependant les Athéniens avaient alors de grands architectes et d’habiles artistes. D’autres écrivains ont dit que Périclès fut le premier qui distribua au peuple les terres conquises, qui donna de l’argent aux citoyens pour assister aux spectacles, et leur assigna des salaires pour toutes les fonctions publiques ; que, par ces établissements, il leur fit contracter des habitudes vicieuses, leur ôta l’amour du travail et de la frugalité, leur inspira le goût de la dépense et l’amour des plaisirs[29]. Celui-ci organisa la démocratie athénienne en 508-507 ; Agaristè n’était pas sa petite-fille, mais sa nièce. Ces objets se présentent, dans les actions vertueuses, dont le simple récit produit en nous une vive émulation, un désir ardent de les imiter ; effets que nous ne ressentons point pour d’autres objets qui méritent d’ailleurs notre admiration. de relation). Difficile de faire la part entre les ragots et la vérité historique. Καὶ μὴν τήν γε πρὸς χρήματα μεγαλοφροσύνην ὁ μὲν, Comparaison entre Périclès et Fabius Maximus. φυσιγγόομαι-οῦμαι : être excité comme un coq de combat avec de l’ail (ὀδύναις πεφυσιγγωμένοι : excités et mécontents. Cependant les comédies de ce temps-là, dont les auteurs le prenaient souvent pour l’objet de leurs satires, tantôt sérieuses et tantôt plaisantes, font voir que ce fut surtout par son talent pour la parole qu’il mérita ce titre. » Cette parole ne fut pas trop remarquée dans le moment ; mais, peu de jours après, lorsqu’on reçut la nouvelle que Tolmidas avait été défait et tué à Coronée avec la plupart des plus braves Athéniens, ce mot lui fit beaucoup d’honneur, et lui mérita la bienveillance du peuple, qui rendit justice à sa prudence et à son amour pour les citoyens. D’autres, sur de mauvaises chicanes, furent exclus de cette distribution. Périclès, qui s’aperçut de cette disposition des esprits, ne tarda pas à la seconder, et proposa lui-même le décret pour le rappel de Cimon, qui, aussitôt après son retour, fit conclure la paix entre les deux villes : car les Lacédémoniens avaient autant d’affection pour lui que de haine pour Périclès et pour les autres chefs du parti populaire. La maladie affecta tout à la fois les corps et les esprits : les Athéniens s’aigrirent tellement contre Périclès, que, semblables à des frénétiques qui s’emportent contre leur médecin ou contre leur père, ils le traitèrent avec la dernière injustice. Mais toutes leurs démarches furent inutiles : les villes ne s’assemblèrent point, parce que les Lacédémoniens s’y opposèrent[56], car ce fut d’abord dans le Péloponnèse que cette proposition fut rejetée. Samos se rendit enfin, après neuf mois de siège. ὑόπρωρος : à la proue en forme de groin de porc, τὸ σίμωμα, ματος : forme d’un objet qui se recourbe en se retroussant, δυσχεραίνω : supporter avec peine, être mécontent, ἡ τριβή, ῆς : lenteur, fait de traîner en longueur, ἐπιτραγῳδέω-ῶ : faire un récit tragique, dramatiser, exagérer, σανίς, ίδος : planche, plancher de navire, καταστρέπομαι : bouleverser (une ville, un rempart…), détruire, soumettre, κυμαίνω : s’élever, gonfler (en parlant d’une tempête), ἐκπολεμέω-ῶ : exciter à la guerre, devenir ennemi (au passif), ποτνιάομαι-ῶμαι : appeler à son secours (en général une femme. Depuis Solon, il y a trois phratries par tribu, et 30 familles par phratrie. La ville, abondamment pourvue de tous les moyens de défense que la guerre exige, doit employer ces richesses à des ouvrages qui, une fois achevés, lui assureront une gloire immortelle. V. Mais l’ami le plus intime de Périclès, celui qui contribua le plus à lui donner cette élévation, cette fierté de sentiments peu appropriées, il est vrai, à un gouvernement populaire, celui enfin qui lui inspira cette grandeur d’âme qui le distinguait, cette dignité qu’il faisait éclater dans toute sa conduite, ce fut Anaxagore de Clazomène, que ses contemporains appelaient l’Intelligence[15], soit par admiration pour ses connaissances sublimes et sa subtilité à pénétrer les secrets de la nature, soit parce qu’il avait le premier établi pour principe de la formation du monde, non le hasard ou la nécessité, mais une intelligence pure et simple qui avait tiré du chaos les substances homogènes. Ah! Faut-il voir là de l’ironie ?). Cf. Plutarque, Vie de Périclès, v. 100-120 apr. ». III. παρεντείνω : ajouter quelque chose à son art, βαφή : teinture (métaphore tirée de la teinturerie) ou trempe (métallurgie), τελεσιουργόν : qui achève son œuvre, efficace, ἡ παιδιά, ᾶς (attention à l’accent !) Ceux qui sont morts pour la défense de leur patrie n’ont-ils pas les mêmes avantages ? Les Lacédémoniens avaient fait graver sur le front du loup d’airain[66] le privilège que les Delphiens leur avaient accordé de consulter les premiers l’oracle ; Périclès obtint le même privilège pour les Athéniens, et le fit graver sur le côté droit du loup. La Vie de Cicéron et la Vie de Démosthène; La Vie d’Alcibiade; La Vie de Périclès; La Vie d’Alexandre et celle de César. Le Pont-Euxin, actuelle mer noire, au-delà du Bosphore. » A ces mots, soit admiration pour sa grandeur d’âme, soit que par jalousie on ne voulût pas lui céder la gloire de tant de beaux ouvrages, tout le peuple s’écria qu’il n’avait qu’à prendre dans le trésor public de quoi en couvrir les frais, et de ne rien épargner. Périclès le Jeune, fils adultérin de Périclès, fit partie des généraux vainqueurs lors de la bataille des Arginuses (406 av. Il en fit donc partir un plus grand nombre, qui n’arrivèrent à Corcyre qu’après le combat[91]. Vie de Périclès Cf. XXXVI. Il ne s’agit pas de l’historien, mais du fils de Mélésias, et l’un des chefs du parti aristocratique, successeur de Cimon. Mais tel est l’ascendant de la vertu qu’en même temps que nous admirons les actions qu’elle inspire, nous sentons s’allumer en nous un désir ardent de ressembler à ceux qui les ont faites. Selon Stésimbrote, ce fut Xanthippe lui-même qui fit courir le bruit que sa femme était entretenue par Périclès ; et ce jeune homme conserva jusqu’à la mort une animosité irréconciliable contre son père. Ce n’est point par un pur penchant à l’imitation que nous nous enflammons au récit des actions vertueuses : la vertu seule, par sa force irrésistible, nous attire vers elle, commande à notre volonté, et forme les moeurs par les exemples qu’elle nous offre. Au reste, il avait acquis cette grande autorité non seulement par son éloquence, mais encore, selon Thucydide[52], par l’opinion que sa bonne conduite donnait de lui, par la confiance qu’inspiraient son désintéressement et son mépris pour les richesses. Depuis ce décret, le roi d’Egypte ayant fait présent au peuple d’Athènes de quarante mille médimnes de blé[120], il fallut les distribuer aux citoyens ; mais, en vertu de cette loi, on cita en justice un grand nombre de bâtards qu’on avait oubliés et qui n’étaient pas même connus. Mais ce serait là le sujet d’un autre ouvrage[124]. Il ne hasardait jamais une bataille dont le succès lui semblait incertain, et qui offrait un danger apparent. Nommé général, il s’occupa tout de suite de faire révoquer la loi qu’il avait autrefois fait passer lui-même contre les enfants naturels : comme il n’avait plus alors de successeur légitime de son nom, il ne voulait pas que sa famille et sa maison s’éteignent avec lui. Il s'agit d'une série de récits de vies d'hommes illustres du monde gréco-romain, récits organisés par paires, chaque paire mettant en parallèle un Grec et un Romain.